Carnet de voyage : L’Italie par Mathilde Laurent !

Je ne suis pas une grande passionnée des voyages. Partir m’occasionne beaucoup de stress et d’anxiété. C’est viscéral, inconscient, et je ne sais pas comment m’en départir. Cela me vient, je crois, de ma grand-mère maternelle qui a du quitter la Corse dans les années 20. Elle est restée longtemps sans pouvoir y retourner, ni avoir de nouvelles de sa famille. Laisser derrière soi ceux qu’on aime, je comprends ce que ma grand-mère a dû ressentir.

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Je ne suis pas une grande passionnée des voyages. Partir m’occasionne beaucoup de stress et d’anxiété. C’est viscéral, inconscient, et je ne sais pas comment m’en départir. Cela me vient, je crois, de ma grand-mère maternelle qui a du quitter la Corse dans les années 20. Elle est restée longtemps sans pouvoir y retourner, ni avoir de nouvelles de sa famille. Laisser derrière soi ceux qu’on aime, je comprends ce que ma grand-mère a dû ressentir.

Pourtant, j’aime aller ailleurs, découvrir un lieu, à condition que ce ne soit pas une obligation.

Pendant longtemps, je partais avec le minimum de bagages, désormais, j’emporte des objets que j’aime : mon thé, des douceurs sans gluten, des carnets… Je range mes vêtements dans de jolies pochettes, je choisis une belle trousse de toilette, des produits de beauté. Je prépare des séances de méditation pour l’avion. Pour les maisons qu’on loue le temps des vacances, je fais expédier des draps de bain, des nappes…

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 J’ai toujours adoré l’Italie, c’est peut être l’un des seuls pays où je ne craindrais pas de m’installer, où j’aurais le sentiment immédiat d’être chez moi, et pas celui, grisant, que l’on peut avoir ailleurs, dans une ville inconnue. J’ai appris l’italien au lycée et je le parlais très couramment comme une seconde langue maternelle.

Quand j’étais jeune parfumeur chez Guerlain, j’allais au moins une fois par an en Calabre pour la récolte de la bergamote. Regio di Calabre est une grande ville méditerranéenne un peu provinciale. C’est un peu un Cannes désuet, patiné. Avec son front de mer, cela fait très vacances, mais il y faisait toujours froid en février. Il y a beaucoup de vent, la mer n’est pas chaude face au détroit de Messine.  On est tout près de Taormina. On prend le bateau pour aller passer une journée en Sicile.

Ce n’est pas parce qu’on est parfumeur qu’on a une sensation olfactive particulière. On l’a dans les usines, où l’odeur chaude et verte d’agrumes chaudes règne. Cela sent la mer aussi. Là-bas, tout le monde peut cultiver la bergamote : j’ai notamment rencontré un pêcheur qui avait ses champs, et c’est intéressant de voir comment ces notes peuvent fonctionner ensemble.

  Ce qui est plaisant, incroyable, c’est cette cuisine italienne de bord de mer : beaucoup de poissons, de pâtes aux poissons, de légumes… C’est fantastique. Et les paysages !
 En Calabre, certains villages sont encore marqués par la culture antique. Il n’est pas rare de trouver des endroits encore bruts, préservés, sans routes, avec des cabanes en bois. On est dans une nature intacte.

Plus personnel, Rome. Elle se prête au farniente, à la curiosité, au lâcher prise. J’ai eu la chance de séjourner à la villa Médicis, au cœur de la ville, dans son centre historique, qui est aussi celui de sa modernité, de sa créativité. On peut tout faire à pied, les musées, les boutiques. On est dans le visage de la ville. J’aime être dépaysée, immergée dans cette beauté.

 L’esthétique compte beaucoup dans mon envie de sérénité, de calme, de plénitude. J’ai besoin d’être rincée par la beauté des lieux, cela recharge mes batteries.

Faire partie de la ville. S’y sentir comme on se sent chez soi. Quand on est chez soi, on s’y sent comme dans un refuge.

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Contempler, voir le temps passer…Manger une glace, s’asseoir sur le bord d’une fontaine,…

Ma journée type ? Rien de prévu, trainer. J’adore trainer.

Hormis ma sœur, je ne connais personne qui a la même capacité à ne rien faire.

J’adore les hôtels. Mais quand j’arrive, tout bascule si j’ai une mauvaise surprise

Si l’endroit est parfumé, cela gâche tout. Si je descends dans un hôtel, comme à Londres récemment, et que son parfum soit tellement fort, concentré, que l’air est bouché, que respirer devienne oppressant, c’est insupportable. Il faut le dire ! Les hôteliers n’imaginent pas que cela puisse être désagréable : dans 90% des cas, ça l’est.
Une chambre parfumée veut dire deux choses : que le client a une mauvaise odeur et que l’on n’est pas chez soi. Or, la plus grande attention qui soit, est de faire croire aux gens qu’ils sont chez eux.


Le parfum raconte une autre histoire que celle que l’on nous impose. « J’appartiens à cette opposition qui est celle de la vie » disait Balzac. J’aimerais montrer qu’il y a une autre vision du parfum que celle que l’on nous serine à longueur de journée.

La parfumerie est encore très misogyne. Je ne comprends pas que les femmes ne se rebellent pas contre cela. On a toujours la même caricature de femmes.

Même une odeur aimée, si elle est très concentrée, elle devient gênante. Le corps s’inquiète de résister autant.

Cela va à l’encontre du parfum, du plaisir du parfum.
On devrait revenir à du bon sens et à une forme de plaisir de la sincérité et à une esthétique.


 

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