Carnet de voyage : Réjane Lacoste, la cavalière du désert !

Réjane Lacoste est une femme d’influence et de challenges. Entre Paris où elle travaille et Genève où elle vit avec son mari et ses quatre enfants, elle a créé Martingale, sa société de relations publiques.  Après avoir dirigé celles de la maison dont elle port le nom, elle veille sur le renouveau de Courrèges, suit d’un pas sûr ceux d’un chausseur culte, Free Lance, et fait du Sofitel Arc de Triomphe l’un des lieux les plus trendys de la capitale.

 

Le voyage est à la fois un moment de recentrage sur soi et des  instants privilégiés, hors du quotidien, avec ses enfants.

capture-decran-2016-10-25-a-17-48-24Avec les miens, nous avons fait beaucoup de voyages exotiques et sommes allés plusieurs fois à Djerba où ils faisaient chaque jour de l’équitation. Je ne connaissais pas le Maroc et la possibilité d’y aller s’est présentée. Alors pourquoi ne pas appréhender ce pays de légende, le découvrir par le biais du cheval? Et c’est ainsi, qu’en novembre, nous sommes partis tous les cinq pour une randonnée équestre dans l’Atlas.

J’avais pris le parti que nous ne partions que tous les cinq. Ma fille de seize ans, mes trois fils de quatorze ans. A une jolie rencontre potentielle, j’ai préféré ne partager cette aventure qu’avec eux. Ils se sont révélés être des  vrais compagnons de route et de jeu et ils en parlent encore comme de leurs plus belles vacances.

Nous nous retrouvons donc à Ouarzazate où nous faisons connaissance avec nos guides et nos chevaux. Ceux-ci venaient du cadre noir de Saumur. Notre guide y  a été formé aussi.  S’il n’est pas nécessaire d’être un cavalier confirmé, il faut néanmoins savoir monter et diriger un cheval.  Avant le départ, le guide nous fait faire à chacun un test, si on n’est pas à la hauteur, on est recalé.  Mes enfants avaient fait trois ans de manège. Deux continuent. Les deux autres sont des sportifs respectueux des règles. Et tous savent s’adapter aux situations. C’est indispensable pour une telle aventure. Nous partons avec dix kilos de bagages maximum par personne, pas plus. Indispensable: une paire de chaussures de rechange, et une petite trousse de médicaments pour le cas où… Aucun jeu pour les enfants,  pas de tablette numérique, pas d’ordinateur non plus. Juste, dans mon sac, un portable, toujours pour le cas où…

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Chaque matin, nous nous réveillons vers cinq heures trente avec le lever du soleil et son chatoiement magnifique sur les montagnes quasi-désertiques.  A sept heures, après un petit-déjeuner composé de thé, de lait, de pain et de dattes, une toilette sommaire et après avoir préparé les chevaux, notre caravane prend la route. Chacun est responsable de son cheval.  Nous montons des chevaux entiers, pas castrés, donc impulsifs, que l’on ne peut pas forcer. Quand on passe huit heures par jour sur un tel animal, il se crée un lien avec lui presque plus important qu’avec les autres cavaliers. C’est avec lui qu’on échange. On sent sa chaleur.  Il faut apprendre à le sentir, à le ressentir. Toute la journée, notre attention est concentrée sur cet échange instinctif, physique avec l’animal. Le rapport, que chacun a avec son cheval, est extraordinaire. On doit être au même tempo que lui pour gravir les sentiers escarpés, franchir les cols et passer d’une vallée à l’autre. On ne doit pas non plus être collés les uns aux autres : il faut savoir maintenir une distance entre chaque monture, trois mètres environ.