Carnet de voyage: Varsovie par Rafael Lewandowski!

Varsovie par Rafael Lewandowski

Après Polanski, Skolimovski, Zulawski… Lewandowski ! Rafael Lewandowski incarne la nouvelle génération de cinéastes polonais. Il est né,  a grandi en France mais il a choisi de vivre et de travailler en Pologne. Après avoir réalisé plusieurs documentaires, et été interviewer pour les Archives de l’Histoire Audiovisuelle des Survivants de la Shoah, il réalise en 2011, son premier long métrage plusieurs fois primé, La Dette, puis, en 2014, Minkowski | Saga, qui pose, entre musique et HISTOIRE, un regard rare sur le destin des familles juives en Europe de l’est. Il travaille actuellement à son prochain long métrage de fiction, une coproduction franco-polonaise.

Varsovie par Rafael Lewandowski

Varsovie a la réputation d’être grise et sinistre. Elle n’est guère appréciée par les Polonais eux-même qui vous conseillent de l’éviter au profit de Cracovie, Gdansk, ou Torun. Malgré ses barres HLM en plein centre, ses publicités aux tailles monstrueuses, ses artères plus propices aux voitures qu’aux piétons, l’arrogance de ses nouveaux riches, Varsovie ne justifie pas ce désamour. Dynamique, en mutation permanente, elle a du charme et la vie y est beaucoup plus chaleureuse qu’on ne croit. La visiter permet de comprendre ce que l’Europe Centrale a eu de central en Europe… et à quel point elle est en train de redevenir centrale pour l’Europe !

Replanifiée après guerre, Varsovie est étendue et aérée. Les axes de circulation sont larges. Les quartiers jouissent de nombreux espaces verts. Première impression en venant de Paris ; il y a beaucoup d’espace et les déplacements sont rapides. Ce qui surprend également, c’est la présence de quartiers résidentiels, avec des immeubles bas d’étage à proximité du centre ville.

Le climat n’y est pas aussi terrible qu’on le prétend. Certes, les saisons sont plus marquées qu’à l’ouest, il fait souvent froid en hiver, mais l’été est chaud (brûlant parfois !) et ensoleillé. On aimerait avoir plus de lumière entre novembre et mars (à Noel la nuit tombe à 15:00), mais on se rattrape l’été, avec un lever du jour dès 3:30 (ce qui étonne lorsqu’on sort d’une fête ou d’une boîte de nuit…)

Si la ville vit à l’heure occidentale, elle se réveille plus tôt que Paris et la journée continue (travail de 8h00 à 15h00) y est encore souvent de rigueur. Le soir, les sorties (théâtres, spectacles, concerts) s’organisent également plus tôt qu’à Paris : à 19h00 en général.

Varsovie par Rafael Lewandowski

Les habitudes alimentaire des Polonais surprennent ceux qui les découvrent. Le petit-déjeuner (« sniadanie ») est généralement copieux. Vers 11h00, on prend un « en-cas » (petit sandwich par exemple) pour tenir jusque vers 14, 15h00 – horaires traditionnels du repas principal (« obiad »). Le dîner (« kolacja ») est par contre léger (salade, tartines diverses, produits laitiers). Le tout accompagné de thé (« herbata »), dont les Polonais sont très amateurs. L’heure du repas étant difficile à  définir, les restaurants fonctionnent en continu. Il ne faudra donc pas s’étonner d’être invité à déjeuner en plein milieu de l’après-midi…

Si on en croit les statistiques, les Polonais travaillent plus et disposent de moins de jours de vacances que les Français. Ils n’en restent pas moins attachés à leur sphère familiale. On le constate au cours du week end. Varsovie devient alors calme et lente. D’une part à cause du départ de tous ceux, nombreux, qui n’en sont pas originaires et qui rejoignent leurs proches en province. D’autre part, parce que ceux qui restent sur place passent souvent leur temps libre à la maison. Seuls les endroits privilégiés de promenade (parcs, rues piétonnes… et centres commerciaux) sont envahis par les couples avec enfants, tandis que les quartiers d’activité sont entièrement désertés. Quant aux églises, elles continuent d’être bien remplies le dimanche…

Comme dans beaucoup de villes du nord, à l’arrivée du printemps tout le monde semble sortir d’une longue hibernation pour envahir les pelouses, les terrasses et les bords de la Vistule… Chaque week end sont organisés des fêtes, des festivals, des manifestations en plein air. Les ballades en vélo étant à la mode, les pistes cyclables deviennent de vraies autoroutes (à noter la présence de l’équivalent du Vel’ib : le Véturillo, bon moyen de découvrir la ville). De mai à fin septembre apparaissent de nombreux restaurants, cafés ou clubs temporaires : dans le parc du musée d’art moderne « Zamek Ujazdowski », au bord de la Vistule ou dans le quartier Powisle. L’été, la vie nocturne bat son plein sous le ciel étoilé. Et elle est en général très chaude, car les Polonais aiment s’amuser. Avis aux amateurs !

Varsovie par Rafael Lewandowski

Les meilleures périodes pour découvrir Varsovie sont donc celles du printemps et de l’été. Mais il ne faut jamais oublier que dans cette région de l’Europe, on peut être surpris par de forts changements de température, des orages violents (surtout en août) ou des journées de canicule suffocante. Autre désagrément ; les moustiques, nombreux et voraces à la tombée de la nuit…

L’automne est plus prévisible et plaisant à mon goût en raison de l’été indien souvent beau dans cette ville très « boisée ». Avec un peu de chance, on peut également découvrir Varsovie sous une épaisse couche de neige en hiver, ce qui ne cesse de m’émerveiller chaque année… Mais cela devient impossible à prévoir à l’avance.

Je déconseille de venir pendant les fêtes de fin d’année (à moins d’être chez des Polonais). Noël se passe en effet famille. Du 24 décembre à midi jusqu’au 27 au matin, tout est fermé. Il en est à peu près de même à Pâques… Autre moment de l’année à éviter : le mois de mars, entre neige et pluie, particulièrement gris et déprimant !

Selon moi, trois jours au minimum sont nécessaires pour connaître Varsovie. La topographie de la ville est simple à comprendre. Le célèbre Palais de la Culture, « offert » par Staline aux Polonais dans les années 50, sert de point de repère lorsqu’on est perdu : il est rarement absent du panorama !

Je conseille de commencer par une visite au Musée de l’Insurrection, ouvert il y a peu et très impressionnant (précision : il y a eu pendant la Seconde Guerre Mondiale, deux insurrections à Varsovie. En avril 1943, celle du Ghetto. En Août 1944, celle de toute la ville. On les confond souvent. Elles ont toutes les deux été héroïques et malheureusement tragiques). Cela permet de comprendre le passé meurtri de cette capitale et de la visiter ensuite en connaissance de cause..

On pourra ensuite se consacrer à la partie touristique : la Vieille Ville, la Route royal, le magnifique Parc de Lazienki, le château barroque de Wilanow… Je ne m’étendrai pas sur la question ; tout guide contient des informations à ce sujet. En une journée et demie, les lieux à voir seront vus.

Varsovie par Rafael Lewandowski